Présentation

    Loïc HERRY, poète et écrivain (décembre 1958 – juillet 1995)

 

 

2014, Hélène Cixous : "Nous n'oublierons jamais Loïc..."

 

 

Sur ce site, lisez des poèmes extraits de : Éclats (1991), Sous le voile de Tânit (1999), OUEST (2003), Polynésie-Poésie (2006), de Oeste-Ouest (bilingue, 2008), de Night And Day (2008) et Crise de manque (2010) et des pages en prose de Portrait de l'Artiste en Personnage de Roman, recueil de 7 nouvelles (1999)

...et sur cette page, l'opinion de François David, poète lui-même et créateur des éditions Motus , ainsi que des extraits d'une très belle étude de Christophe Dauphin sur l'oeuvre et l'écriture de Loïc HERRY (2011).

Enfin, est parue en 2012, dans un livre d'hommage à Arlette-Albert-Birot : Poésie vivante, une étude complète et remarquable de Madeleine Renouard, intitulée "Une parole poétique d'aujourd'hui : Crise de manque de Loïc HERRY"

(cliquer sur Recueils, puis sur la couverture de Crise de manque )

Ce site est régulièrement mis à jour :

par exemple, voir à OUEST, sur la page de présentation des RECUEILS, un extrait de la lettre (20 novembre 2016) du Capitaine du Queen Elizabeth au sujet du poème Note grave et soutenue des Cunarders

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Entretien avec François David, par Cécile Guivarch, avril 2011

Quels sont vos meilleurs souvenirs de cette aventure d’édition ?

Le meilleur souvenir, ou plutôt le plus important et ce qui nous touche le plus chez Møtus, c’est d’avoir été le seul éditeur à publier de son vivant un recueil intégral de Loïc Herry. Depuis sa mort, on a découvert quel très grand poète il était, et désormais la quasi intégralité de son œuvre a été publiée chez divers éditeurs, avec des préfaces d’écrivains de renom (Hélène Cixous, Hubert Haddad, Michel Besnier…) qui lui rendent de vibrants et si justes hommages. Mais nous sommes heureux qu’il ait pu voir Éclats publié.

                                                                               TERRE à CIEL - Poésie d’aujourd’hui

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Cette étude de 22 pages, dont voici trois extraits, recouvre bien tous les aspects de l'oeuvre

LA MÉMOIRE, LA POÉSIE : Portrait de LOÏC HERRY en poète des Falaises,

par Christophe DAUPHIN

J’ai découvert la poésie de Loïc Herry au Marché de la poésie de Paris. Je saisis (sur le stand de l’éditeur québécois Les Écrits des Forges) une plaquette dont la couverture m’attire, ainsi qu’une autre par inadvertance... Le titre de la deuxième m’intrigue : Ouest. Je feuillette. Il s’agit d’une évocation forte et inédite de la Normandie : La Hague, en fait, avec le port de Goury et son phare, puis le Nez de Jobourg. L’auteur est normand, comme le renseignent les deux premières lignes, en quatrième de couverture.

La découverte de ce poète me comble, du fait de mes travaux du moment : je finalise le manuscrit des Riverains du feu , une anthologie émotiviste de la poésie francophone contemporaine, tout en commençant à travailler sur Riverains des falaises , une anthologie des poètes en Normandie du XIe siècle à nos jours. Je me dis aussitôt que je dois prendre contact avec l’auteur. Mais la lecture, intégrale cette fois, de la notice biographique, me pétrifie sur place. Le poète que je viens tout juste de découvrir m’échappe déjà, puisque décédé en 1995, à l’âge de trente-six ans. La lecture, dans la foulée, des livres disponibles de Herry, achève de me convaincre de l’intégrer au sein des Riverains du feu et de Riverains des falaises, soit les poètes émotivistes et les poètes de la normandité, ce qu’il est pleinement. Loïc Herry est de ces poètes qui incarnent pleinement la normandité. Le terme est de Léopold Sédar Senghor. Il fut très vite au centre de nos entretiens, dès ma rencontre avec le poète-président, en 1996. De la contestation et de la résistance, à l’amour, la normandité se manifeste à grand renfort d’humour noir, de dérision et de satire, au besoin de Merveilleux ; [... ] invocations grinçantes, d’éclats, à vif, des forces telluriques, malaxés et vécus dans les tréfonds de l’être. Le parcours de Loïc Herry, est à l’image de l’œuvre : soleil lumineux d’un côté et noir-abîme de l’autre. Trente-six ans, normand, poète, cancer, falaises, éclats, La Hague... Mais l’intérêt que doit susciter Loïc Herry, ne saurait se limiter à la seule compassion. Non, ce qui forge, au-delà de sa courte vie, la force de Loïc Herry, c’est ce qu’il fut et demeure : un poète.

[…] La poésie n’est pas seulement une passion, elle est vitale… Plutôt calme et réservé dans la vie, Loïc Herry procède à un lâcher-tout dans ses poèmes : Crache et crie! Voici les tombeaux – tornades superbes. – Hume à pleins naseaux : la tempête est là, déjà les vitres éclatent. Il écrit abondamment... une écriture concise, ciselée, nerveuse, grave, resserrée, qui colle au plus près du vécu.
Après sa disparition, [on] découvre que Loïc a rigoureusement tout préparé pour la publication de ses œuvres. Tout est enregistré sur son ordinateur : titres de recueils, têtes de chapitres, disposition des vers, et parfois des indications telles que : "Si ce roman est publiable, je souhaite qu'il le soit sous le nom de Pierre Lipstein". Ce dernier sera publié en 1999, de façon posthume, avec six autres nouvelles, sous le titre : Portrait de l'Artiste en personnage de roman ; l’ensemble étant préfacé par Hélène Cixous (à qui le poète avait consacré son mémoire de maîtrise) : « Il s’agit de quotidien, d’histoires de jeunes gens... Chaque instant est tâté, vécu, épiphaniquement. Jamais de cliché. Toujours le plus minime événement est capté dans sa singularité, dans sa minute, saisi à la source... Une œuvre puissante, discrète, trempée d’amour. Alliage d'extrême douceur et de flexible dureté. C’est beau et c’est miracle… Ici est né un écrivain sans pareil… L’œuvre demeure à sa place immense, déchirant bonheur. Elle, ne mourra plus. »
                                                                                                  Les Hommes sans Épaules,
                                                                                                  revue littéraire N°32, oct. 2011
                                                                                                                                               (pages 169-190 : extraits)